Comment se déroule le passage de l'Ancien au Nouveau Testament dans les Écritures ? Quel rôle joue le Christ ?
Love Actually est sans aucun doute la comédie romantique la plus fameuse des années 2000. Le titre phare de la BO, chantée par l’inimitable Billy Mack, s’appelle Christmas is all around you – ce qui nous intéresse pour deux raisons :
Livre de la genèse de Jésus-Christ fils de David fils d'Abraham.
Abraham engendra Isaac
Isaac engendra Jacob
Jacob engendra Juda et ses frères
Juda engendra Pharès et Zara de Thamar
Phares engendra Esrom
Esrom engendra Aram.
Aram engendra Aminadab
Aminadab engendra Naasson
Naasson engendra Salmon
Salmon engendra Booz de Rahab
Booz engendra Jessai de Ruth
Jobed engendra Jessé
Jessé engendra le roi David
Le roi David engendra Solomon de celle d’Ourias
Solomon engendra Roboam
Roboam engendra Abia
Abia engendra Asaf
Asaf engendra Josaphat
Josaphat engendra Joram
Joram engendra Ozias
Ozias engendra Joatham
Joatham engendra Achaz
Achaz engendra Ézéchias
Ezéchias engendra Manassé
Manassé engendra Amos
Amos engendra Josias
Josias engendra Jéchonias et ses frères au temps de la déportation de Babylone.
Après la déportation de Babylone
Jéchonias engendra Salathiel
Salathiel engendra Zorobabel
Zorobabel engendra Abioud
Abioud engendra Éliakim
Éliachim engendra Azor
Azor engendra Sadok
Sadok engendra Achim
Achim engendra Élioud
Élioud engendra Éléazar
Éléazar engendra Matthan
Matthan engendra Jacob
Jacob engendra Joseph l’époux de Marie de laquelle fut engendré Jésus qu'on appelle Christ.
Donc toutes les générations depuis Abraham jusqu’à David : quatorze générations.
Depuis David jusqu’à la déportation de Babylone : quatorze générations.
Depuis la déportation à Babylone jusqu’au Christ : quatorze générations.
La fête de Noël a tant imprégné notre civilisation que partout l'atmosphère est changée par les lumières, les sapins et tant de petites attentions qui subliment cette période de l’année. Comme le chante le remarquable Billy Mack dans Love Actually : Noël est tout autour de vous.
C’est ce que remarquait déjà le théologien orthodoxe Alexandre Schmemann à New York dans les années 70 :
« Nous nous sommes promenés sur la 5ème Avenue, le Rockfeller Center avec son énorme, éblouissant sapin de Noël. Il y avait de la musique. La patinoire était illuminée. Partout – des décorations de Noël. La foule. Il gèle un peu. Et bien que cette joie de Noël soit saturée d’esprit commercial, je suis chaque année heureux de cette fête qui emplit l’air lui-même. […] Tout est rutilant de lumière, de partout résonnent les Christmas carols* [chants de Noël], tout instille dans nos cœurs la fête. »
Alexandre Schmemann, Journal (1973-1983), Éditions des Syrtes Paris, 2009, p. 186.310.
Comme PRIXM se fait un plaisir de remarquer ce qui dans notre culture nous raccroche à la tradition biblique, impossible de ne pas relever ce point éminent…
Quand l’Avent commence, c’est le moment parfaitement approprié pour passer de l’Ancien Testament au Nouveau Testament. Vous ne voyez pas le rapport ? L’Avent culmine avec la fête de Noël, de la Nativité du Christ. Or c’est ce même Christ qui fait basculer toute l’Histoire Sainte et donc l’Écriture qui la relate.
Si on résume :
C’est justement le premier chapitre du premier livre (l’Évangile de Matthieu) que l’on trouve en ouvrant le Nouveau Testament qui marque le plus explicitement cette jointure entre l’Ancien Testament et le Nouveau Testament.
Le Nouveau Testament s’ouvre en citant d’abord le nom de Jésus-Christ : « Livre de la genèse de Jésus-Christ » et l’inscrit immédiatement dans la lignée de 45 personnages de l’Ancien Testament en les citant à 85 reprises ! Au cas où on n’aurait pas compris le lien entre les deux.
Matthieu indique tout de suite le titre de Jésus qui est Jésus-Christ. Pour rappel Christ = le Messie attendu par Israël pendant tout l’Ancien Testament.
Or, le peuple d'Israël était censé reconnaître le Messie d’après les récits de l’Ancien Testament (par exemple les récits des patriarches Abraham, Isaac et Jacob). Le moins que l’on puisse dire c’est que c’était pas forcément très facile.
Si vous n’êtes pas convaincus de cette difficulté, on vous propose un petit exercice : dans la généalogie que nous présente le premier chapitre de l’Évangile de Matthieu, on a mis en gras plusieurs noms éminents de l’Ancien Testament, dont les récits devaient aider à reconnaître des traits du Messie qui allait venir.
Sinon, vous pouvez lire le mot de la fin, il va vous rassurer.
Voilà ce que le grand théologien suisse Urs von Balthasar dit du lien entre ces figures de l’Ancien Testament et la figure unique du Christ. Cela mérite d’être lu une ou deux fois pour bien accueillir la densité du propos...
« Il [Jésus Christ] a accompli sa mission en un lui qui s’est révélé après coup être exactement le lieu vers lequel toutes les figures de l’Ancienne Alliance convergeaient. Mais ce lieu ne pouvait pas se trouver sur le plan des figures, car les figures se contredisaient les unes les autres sur leur propre plan, et en partie diamétralement. Ce n’est que parce que Jésus transcende les figures et qu’il demeure à leur égard dans une royale liberté qu’elles lui sont appliquées comme un à-côté et touchant pourtant le centre, en ce sens qu’elles ne pouvaient s’appliquer à un autre que lui. »
Urs von Balthasar, Retour au centre, Desclée de Brouwer, Paris, 1971
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